Une politique alimentaire et agricole : vers un Projet Alimentaire Territorial


La politique menée à l’échelle de l’agglomération en matière d’agriculture et d’alimentation est en enjeu capital pour le mandat qui arrive. Le modèle agricole développé sur l’agglomération est destiné à 80 % à l’exportation. Elle est intensif et contribue fortement à l’émission de gaz à effet de serre au pillage et à la dégradation de la ressource en eau. Elle participe à l’effondrement de la biodiversité et au déclin de l’emploi agricole. Les exploitations grossissent, se mécanisent et utilisent des pesticides, ce qui a pour conséquence directe de menacer la ressource en eau. Nous devons également développer notre autonomie alimentaire, qui est aujourd’hui inférieure à 2 % alors que les terres agricoles couvrent 68 % du territoire. De plus, au cours du prochain mandat municipal, plus de la moitié des agriculteurs de l’agglomération vont partir à la retraite : nous devons saisir cette opportunité de changer de modèle et ne pas laisser les exploitations existantes s’agrandir davantage. Par ailleurs, l’alimentation représente environ 30 % de l’empreinte carbone d’un français.
Pour répondre à ces enjeux, nous mènerons une politique volontariste d’installation et de diversification des cultures agricoles. Elle sera nécessairement couplée à une politique alimentaire locale, visant à fournir à la population des aliments de qualité et accessibles à tous.
Nous nous engagerons dans une trajectoire de transformation de notre agriculture selon le scénario Afterres 2050 conciliant production locale d’une alimentation respectant les recommandations de l’OMS. Le respect des engagements internationaux de la France à réduire ses émissions de GES, la reconquête de la qualité de l’eau et de la biodiversité, la nécessité de faire vivre dignement les agriculteurs et de créer de nouveaux emplois agricoles.

Mener une politique foncière favorable à l’agriculture biologique

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Mener une politique foncière favorable à l’agriculture biologique en usant les dispositifs de préemption des terres vendues (objectif d’acquisition de 200 ha par an), en créant des espaces-test en maraîchage et en accompagnant l’installation de jeunes exploitants en agriculture agrobiologique et diversifiée.
Le départ à la retraite de 50 % des agriculteurs dans les quatre ans est une opportunité à saisir et pourrait être une contribution majeure à une évolution agricole vertueuse. Nous nous engageons à :

  • Préempter les terres revendues pendant le mandat, avec pour objectif l’acquisition de 200 ha chaque année par la CDA par la mise en place d’un PAEN
  • Créer des espaces-test en maraîchage, plantes aromatiques et médicinales ainsi qu’en céréales et légumineuses
  • Installer des jeunes exploitants pour une agriculture agrobiologique et diversifiée.

Cette politique foncière engagée et ambitieuse inscrira la vocation agricole des terres dans la durée, évitera au maximum les agrandissements d’exploitation et protégera les zones de captage d’eau potable. La préemption annuelle des 200 ha de terres représente un montant d’environ 1 M€/an.

Accompagner l’installation et la transmission des fermes

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Accompagner l’installation et la transmission des exploitations en favorisant l’insertion des nouveaux paysans et en créant une équipe d’aide à l’installation et à la transmission.
Les agriculteurs en installation ou en transmission de fermes doivent être accompagnés pour réussir. Pour augmenter le taux de réussite des transmissions et des nouvelles installations, nous nous engageons à :

  • Lancer un diagnostic de la transmissibilité des fermes pour accompagner les cédants, et favoriser les rencontres avec les futurs paysans.
  • Faire en sorte que les transmissions hors cadre familiaux fassent l’objet d’un soutien plus important afin de favoriser l’insertion des nouveaux paysans.
  • Créer une équipe d’aide à l’installation et à la transmission des exploitations, ainsi qu’un service de remplacement et un soutien psychologique en cas de difficultés.

Développer la gestion d’une agriculture compatible avec la préservation de la ressource en eau et de la biodiversité

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Développer la gestion d’une agriculture compatible avec la préservation de la ressource en eau et de la biodiversité en soutenant les techniques agricoles respectueuses et en engageant un nouveau programme re-source sur les périmètres de captage.
Nous soutiendrons et promouvrons les techniques agricoles qui préservent la ressource en eau, que ce soit pour l’utilisation de la ressource pour la production agricole ou pour la protection de l’eau en surface et souterraine contre les polluants issus des produits phytosanitaires.
Nous engagerons un nouveau programme ressource sur les périmètres de captages de fraise et Varaize et sommerons l’État de mettre en place des mesures obligatoire de changement de pratique (ZSCE) sur Varaize ou les engagements contractuels ont été insuffisants

Offrir des repas bio et/ou locaux dans les restaurations collectives

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Offrir des repas 100 % bio et/ou locaux dans les restaurations collectives municipales (écoles et Ehpad notamment) d’ici la fin du mandat avec des menus moins carnés (deux repas végétariens par semaine) et via un label local identifiant les productions locales et biologiques.
Le soutien aux productions agricoles biologiques et locales passe par la garantie de débouchés commerciaux. Nous généraliserons l’accès à une alimentation saine, locale et de qualité. Pour cela, nous nous engageons à :

  • Alimenter la restauration collective (cantines et EHPAD) en 100 % bio d’ici la fin du mandant

La santé des enfants et des personnes qui mangent dans les restaurants collectifs de la ville est une priorité. Nous nous engagerons pour une restauration collective 100% biologique et/ou locale. Nous interdirons également dans la commande publique une large liste d’additifs alimentaires pour la restauration collective.

  • Établir des menus plus sains et moins carnés dans les cantines

Pour des raisons sanitaires, écologiques et éthiques, nous réduirons significativement la consommation viande dans la restauration collective publique. Dans les écoles, les rares repas végétariens sont aujourd’hui optionnels. Nous généraliserons 2 repas végétariens par semaine. Ce changement culinaire sera accompagné pédagogiquement pour expliquer les enjeux alimentaires et agricoles et participer à l’éducation au goût.

  • Instaurer un label local identifiant les productions locales et biologiques

Nous mettrons en place un label destiné aux productions alimentaires produites sur la Communauté d’Agglomération, qui répondront aux critères de l’agriculture biologique, Haute Valeur Environnementale, Nature & Progrès et Biodynamie. Nous ferons ainsi de l’accès à une alimentation locale de qualité un acte politique du quotidien des habitants.
Ce label valorisera également le métier de paysan, les pratiques vertueuses des fermes et les parcours de vie. Il pourra aussi servir à valoriser le territoire, notamment sous un angle touristique.

Développer des formes d’agriculture urbaine

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Développer des formes d’agriculture urbaine via la création d’une régie agricole municipale, le soutien à la création d’un jardin de cocagne de réinsertion et le soutien à de nouvelles filières de transformation.
La protection des espaces naturels péri-urbains, littoraux ainsi que des terres dédiées à l’agriculture est un enjeu majeur d’aménagement territorial et d’adaptation aux conséquences du réchauffement climatique. Nous agirons pour le remplacement de monocultures intensives de maïs et de blé en circuit long par une diversification de cultures agricoles écologiques, en circuits courts.

  • Créer une régie agricole municipale

Afin d’approvisionner la restauration collective des établissements publics, comme les écoles, en légumes bio et locaux, nous créerons une régie agricole municipale. Cette structure permettra de pallier le manque d’offre en produits locaux, biologiques et bons marché. La régie pourra également être un lieu pédagogique en lien avec l’enseignement scolaire.

  • Soutenir la création d’un jardin de cocagne de réinsertion et de production de légumes bio

Afin d’approvisionner la restauration collective des établissements publics, comme les écoles, en légumes bio et locaux, nous soutiendrons les actions visant à la création d’un un jardin de cocagne. Cette structure permettrait de réinsérer par le travail des personnes en difficultés et de pallier le manque d’offre en produits locaux, biologiques et bons marché pour la commande publique. La régie produira des plants bio à des prix compétitifs afin de soutenir les filières légumes et PAM locales. Elle s’accompagnera d’une légumerie. Elle pourra également être un lieu pédagogique en lien avec l’enseignement scolaire.

  • Soutenir de nouvelles filières de transformation

Pour soutenir l’émergence de nouvelles productions agricoles et alimentaires, nous accompagnerons la création d’unités de transformation. Une minoterie locale pourrait ainsi faire le lien entre les producteurs de blé et les boulangers. Ces filières de transformation garantiront des débouchés locaux aux agriculteurs.
Nous soutiendrons la mise en place d’un abattoir mobile en lien avec le département et les départements voisins.
Nous remettrons l’agriculture au coeur de la politique rurale et péri-urbaine de l’agglomération. Ces actions de soutien à une agriculture moins intensive, locale et respectueuse de l’environnement auront un impact positif direct et rapide sur la création d’emplois durables et non délocalisables.