Les outils de la tranquillité publique

Redéfinir les missions des agents de la police municipale

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Redéfinir les missions des agents de la police municipale autour de la tranquillité du quotidien en supprimant la vidéosurveillance et le port d’arme des agents, en travaillant à la définition partagée des usages de l’espace public et en renforçant le nombre et le rôle des éducateurs de rue.
Le tout sécuritaire montre régulièrement ses limites : la délinquance ne diminue pas, le sentiment d’insécurité des personnes, notamment les plus faibles, persiste et ces politiques engloutissent des sommes d’argent public disproportionnées. Il faut sortir de cette logique pour renouer avec une vision apaisée du vivre ensemble, basée sur la notion de tranquillité publique.
Selon le droit français, le maire est l’autorité de police administrative au nom de la commune, il possède des pouvoirs de police générale lui permettant de mener des missions de sécurité, tranquillité et salubrité publique sous le contrôle administratif du préfet. A ce titre, il peut créer une police municipale.
La commune de La Rochelle a une police municipale. Dans le cadre de notre projet, nous ne pensons pas que cette police municipale doit avoir les mêmes missions que la police nationale mais qu’elle doit être pensée comme complémentaire de cette dernière. C’est pourquoi, nous proposons que les agents de police municipaux centrent leurs missions sur la tranquillité publique entre les usagers de l’espace public : cohabitation apaisée entre les différents modes de circulation, stationnement, incivilités, pollutions, etc.

  • Supprimer la vidéosurveillance

Toutes les évaluations ont montré que la vidéosurveillance est un gaspillage d’argent public sans impact sur la délinquance autre que le déplacement de celle-ci. Nous supprimerons donc la vidéosurveillance publique de la ville et réorienterons les moyens vers les moyens humains au contact direct avec les habitants.

  • Supprimer le port d’arme pour les agents de la police municipale

Le port d’arme est inutile pour une police municipale qui ne cherche pas à imiter la police nationale. Nous reviendrons donc sur ce choix dans le cadre d’une redéfinition des missions de la police municipale.

  • Redéfinir les missions principales des agents de police municipale autour de l’îlotage

Le travail de la police municipale sera dirigé vers la tranquillité du quotidien : contrôle routier pour assurer une bonne cohabitation entre les modes de transport, gestion des incivilités... Le travail de la police municipale sera dans une logique de proximité : présence sur le terrain, à pied, avec une mission de médiation et de dialogue.
Par ailleurs, il nous semble indispensable de travailler avec l’ensemble des usagers des espaces publics des règles de vivre ensemble qui soient partagés pour que chacun, surtout les plus faibles, se sentent bien dans ces espaces.

  • Travailler à la définition partagée de l’usage des espaces publics

Pour améliorer la tranquillité, des diagnostics partagés avec les habitants seront engagés dans l’ensemble des quartiers. Ils permettront d’identifier les lieux où la sécurité n’est pas optimale et de définir les solutions d’amélioration.
De même, les espaces publics comme les parcs ou les places pourront faire l’objet d’une définition partagée des usages avec les habitants. Le respect mutuel sera au centre de cette approche.
Dans tous les cas, un regard particulier sera porté sur l’usage de l’espace public par les plus faibles : enfants, jeunes, femmes, personnes âgées, personnes en situation de handicap.
La médiation doit aussi avoir un rôle central dans notre politique de tranquillité publique. C’est pourquoi nous proposons la mise en place d’un médiateur bénévole.

  • Créer un médiateur municipal

Afin de rechercher des solutions rapides, négociées et de proximité aux conflits entre particuliers (voisinage, incivilité...) et éviter d’encombrer la justice et les services de police avec les conflits du quotidien, nous créerons un médiateur municipal. Il pourra par exemple se charger des plaintes contre le bruit de voisinage ainsi que les divers troubles de la mitoyenneté (taille des arbres / haies, écoulements d’eau, animaux...)

  • Renforcer le nombre et le rôle des éducateurs de rue et des acteurs socio-éducatifs

Dans la prolongation des diagnostics partagés et de la clarification des missions de la police municipale, une évaluation des besoins de présence humaine sera réalisée en début de mandat. Notre politique sera axée sur la présence humaine sur l’ensemble des quartiers, avec une mission de médiation et d’accompagnement et non de répression.

  • Mettre en place une éducation à la médiation auprès des élèves

Il s’agit de promouvoir l’éducation des enfants de primaire à la médiation, lors de conflits entre élèves (dans la cours de récréation par exemple). Avec des associations volontaires, nous proposerons des parcours éducatifs dans les écoles qui seront centrés sur l’éducation bienveillante et la médiation de conflit.

  • Expérimenter l’instauration d’une police de l’environnement

La lutte contre les pollutions doit être intégrée aux usages de l’espace public et nous réfléchirons, notamment dans le cadre de la refonte de la politique des déchets de l’agglomération, à la mise en place d’une police de l’environnement.
Dans le cadre d’une politique de déchets ambitieuse avec une tarification incitative pour les habitants, la police de l’environnement assurera le respect des règles de collecte des déchets et le respect global du droit local de l’environnement (plages, espaces publics...).